KPMG a interrogé des gestionnaires ou des analystes de 29 établissements financiers présents en
France et a comparé leurs attentes aux informations transmises par les groupes du CAC 40 et du SBF
120 (hors CAC 40)1. Selon cette étude, le CAC 40 répond globalement bien, aux demandes des
investisseurs, voire parfois les devance. La pratique des sociétés du SBF 120 correspond moins
à leurs attentes.
Le développement durable, un critère jugé important pour valoriser les sociétés
Si le gouvernement d’entreprise et les critères financiers sont les éléments clefs regardés par les
investisseurs pour valoriser une entreprise, les critères environnementaux et sociaux sont jugés
importants respectivement par 70% et 60% des investisseurs qui ont participé à l’étude.
Les entreprises notamment du CAC 40 ont répondu à ces attentes en créant une direction
développement durable (90% d’entre elles) de plus en plus souvent rattachée à la Direction générale
(60% des cas). Certaines vont même plus loin en créant un comité spécifique au développement
durable, composé d’administrateurs, de membres de la direction générale,
En outre, pour les investisseurs interrogés, il est nécessaire que les groupes s’engagent sur des
objectifs définis en matière de développement durable. Ils n’attendent pas une simple photographie
de la performance mais des plans d’actions avec des échéances déterminées pour l’améliorer. Les
entreprises du CAC 40 s’avèrent plutôt transparentes puisque 86% d’entre elles indiquent des
objectifs quantitatifs. Les résultats sont moins probants pour le SBF 120 où 55% des groupes en fixent.
Environnement : le CAC 40 a compris l’importance de fournir des informations
sur sa consommation d’énergie et de ressources naturelles
La quasi-totalité des groupes du CAC 40 communiquent sur deux des quatre informations primordiales
en termes d’environnement aux yeux des investisseurs :
• 90% sur la consommation d’énergie
• Plus de 80% sur la consommation de ressources naturelles
Elles sont nettement moins nombreuses à publier de l’information sur les deux autres critères clefs :
• 52% sur le changement climatique
• 28% sur l’impact financier de la réglementation environnementale
Il faut noter qu’aujourd’hui le bilan carbone n’est pas l’une des principales préoccupations des
investisseurs.
L’écart entre les attentes et la pratique est plus significatif pour les sociétés du SBF 120. A peine 40%
des groupes communiquent sur leur consommation d’énergie et sur leur consommation de ressources
naturelles.
Social : la pratique du CAC 40 rejoint les attentes des investisseurs
En ce qui concerne le pilier social, les investisseurs se focalisent sur 3 points :
• Les accidents du travail car ils entrainent des coûts directs et indirects pour l’entreprise et révèlent
la qualité de son processus de production. 80% du CAC 40 communiquent sur le sujet
• La formation : ce thème est couvert par 93% du CAC 40
• La précarité de l’emploi et le turnover : seuls 40% communiquent sur ce thème
Ces deux derniers points éclairent les investisseurs sur le maintien du savoir-faire dans l’entreprise.
L’écart se creuse pour le SBF 120 : 36% des groupes communiquent sur les accidents du travail, 53%
sur la formation et 10% sur le turn over.
Importance de la comparabilité entre groupes et de la vérification externe
Plus de la moitié des investisseurs considèrent que les groupes fournissent des informations qui ne
permettent pas de véritables comparaisons entre eux. La majorité des investisseurs préfère l’utilisation
d‘un référentiel standard qui facilite cette comparaison. Toutefois, 92% du CAC 40 utilisent un
référentiel mixte qui allie une information spécifique à l’entreprise et une information standard.
La vérification par un auditeur externe est une attente très forte des investisseurs (90%) satisfaite
par les sociétés du CAC 40 à 75% en 2008. Seul 7% du SBF 120 y a recours.
Les groupes français, meilleurs que les groupes étrangers sur l’information
sociale
Les investisseurs estiment que les groupes français sont globalement en avance par rapport à leurs
concurrents étrangers sur les aspects sociaux. Il est vrai que le bilan social imposé en France dans les
entités de plus de 300 salariés a été, pour un grand nombre d’entreprises, une trame de base pour le
déploiement de leur reporting social.
En matière d’informations sur leurs actions environnementales, les investisseurs reconnaissent que les
groupes du CAC 40 ont des meilleures pratiques que les groupes étrangers, ce qui n’est pas le cas en
matière de gouvernance.
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